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Atelier 231 - Centre National des Arts de la Rue

Centre National des Arts de la Rue

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Atelier 231

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Atelier 231
Regard de Daniel ANDRIEU
Partenaires
Pourquoi 231 ?
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Friche industrielle dédiée à la création des arts de la rue sous la direction d'Anne LE GOFF, l’Atelier 231 est aujourd’hui l’un des 14 Centres Nationaux des Arts de la Rue - CNAR.

D’abord pôle régional des arts de la rue, l’Atelier 231 est inauguré par Catherine Trautmann, Ministre de la Culture et de la Communication, le 19 novembre 1998 ; et devient association le 1er janvier 2002. C’est le 5 février 2005, dans le cadre du "Temps des arts de la rue", qu’il voit son travail reconnu à l‘échelle hexagonale et européenne en devenant Centre National des Arts de la Rue.

Depuis 2010, les CNAR font parties des 10 "labels et réseaux nationaux" indiqués par la circulaire ministérielle du 31 Août 2010.

Depuis le 1er avril 2015, Anne LE GOFF assure la direction du Centre national, faisant suite au départ de son fondateur, Daniel ANDRIEU. Le projet artistique et culturel porté par la nouvelle direction sera mis en œuvre sur la nouvelle période de conventionnement 2016-2019 avec l’ensemble des partenaires de l’Atelier 231.


 

Ses missions

Son coeur de mission est l’accueil en résidence de compagnies et les aides à la création comme soutien financier de leur projet artistique.

La résidence artistique vise à leur offrir un contexte idéal de création sur une étape de conception de leur projet. Pensé avec les compagnies, l’aménagement du lieu met à leur disposition des espaces de répétition et de construction en intérieur et extérieur tels que la grande Halle, le Tender, les ateliers équipés pour le fer, la couture et le bois ; du matériel scénique sans oublier le gîte et le couvert.

Au cours des résidences, des temps de rencontre « Visites de Chantier » avec le public sont organisés au choix de la compagnie quant à leur forme et leur durée. Une résidence finalisant le processus de création peut donner lieu à une présentation publique du projet sous forme de « Sortie d’Atelier ».

En moyenne 25 compagnies sont accueillies annuellement sur une période d’1 à 6 semaines.

La mission d’action culturelle vient naturellement compléter le coeur d’activité de l’Atelier 231, en proposant de nombreuses actions en direction de différents publics du territoire avec la complicité des compagnies des arts de la rue en résidence ou non.

Expert dans le domaine des arts de la rue, l’Atelier 231 est également un pôle de formation agréé qui transmet des savoir-faire spécifiques à un public varié : professionnels des arts de la rue, intermittents du spectacle, agents des collectivités, enseignants, animateurs socioculturels…

Professionnel du domaine reconnu sur le territoire régional, l’Atelier 231 assure la direction artistique de nombreux événements à travers le conseil artistique. Si, le festival Viva Cité en est l’élément phare, une dizaine d’autres manifestations sont programmées annuellement, dont un festival franco-britannique, le Fish & Chips, créé à l’Atelier 231 dans le cadre du réseau européen ZEPA

Sensible à la valeur des traces, l’Atelier 231 alimente continuellement son Centre de Ressources. Ouvert à tous, c’est un lieu de mémoire de toute la création artistique produite dans et hors de ses murs : événements, compagnies des arts de la rue…

 


Regard de Daniel ANDRIEU, son fondateur

Passionné des arts de la rue, comment mieux appréhender l’esprit déployé au sein de l’Atelier 231, qu’en lisant la prose de son fondateur, Daniel ANDRIEU.

Ci-dessous, 2 textes parus dans l’ouvrage Un festival sous le regard de ses spectateurs

Extrait du PROLOGUE - Page 23

« Des arts surprenants dans la ville
Les artistes de rue se jouent des espaces de la ville. Leurs actions artistiques s’inscrivent ouvertement dans des espaces pluriels. On peut les voir sur une place, au pied d’un monument, dans une friche industrielle, sur la façade d’une HLM, sur les docks, une route nationale, un ferry-boat, un bassin, une rue, un bois… Ainsi dans les "arts de la rue", il convient de considérer "la rue" comme un terme générique, on pourrait dire un raccourci ! Les artistes de rue jouent dans des espaces non affectés à… comme le sont un théâtre ou une salle de musique. Les Anglo-Saxons parlent de Street Theatre -Théâtre de rue-, mais aussi de Site Specific -Théâtre in situ- ou encore de Landscape Theatre -Théâtre de Paysage- pour bien signifier une installation des artistes et du public hors des normes admises habituellement.

Les artistes qui choisissent de travailler dans l’espace public invitent le spectateur à regarder autrement : nouvel oeil porté sur la ville. Jouer dans la rue, c’est jouer où ce n’est pas pré-"vu". C’est l’irruption de formes artistiques hybrides dans le quotidien, en tout cas dans des lieux du quotidien de la ville, qui une fois l’événement passé, s’en trouvent touchés comme marqués, tout comme les personnes qui y ont assisté. Le spectacle de rue c’est voir et surprendre la ville autrement, finalement peut-être envisager ou voir la vie autrement. Les arts de la rue réalisent aussi le mélange des genres artistiques. Pour certains spectacles, difficile de définir la proposition : installation plastique, spectacle musical, représentation théâtrale, performance de danse contemporaine ou condensé des quatre genres ? Ces processus créatifs propres aux arts de la rue expliquent que l’idée de "surprise" est souvent au centre des discours des spectateurs évoquant les spectacles auxquels ils ont assisté durant Viva Cité. En effet, si l’étude révèle l’apparition d’une catégorie de spectateurs "experts", étudiant au mieux le programme afin d’assister à un maximum de spectacle, cela n’enlève pas aux artistes de théâtre de rue leur extraordinaire capacité à surprendre leur public. »

Extrait des ANNEXES - Pages 255 à 257

Reprise de la conférence de Daniel ANDRIEU donné lors du 3e colloque "HorsLesMurs" à Gand (Belgique) – Novembre 2006. Organisée par Theater op de Markt, Zomer van Antwerpen et Internationaal Straattheaterfestival Gent

« Typologie des spectacles de rue
Les compagnies de rue appréhendent leurs créations dans la ville et mettent en forme leur spectacle selon deux genres. Très simplement nous remarquons que certains spectacles sont statiques quand d’autres se déplacent.

Le champ des spectacles statiques compte des artistes qui se posent sur un coin de trottoir et font montre de leur savoir-faire. Alors rapidement le cercle de spectateurs apparaît… musique, chanson, acrobatie, jonglage, marionnette, art forain… On nomme aussi ces artistes cognes trottoirs ou les marchards car bien souvent leur survie dépend du contenu sonnant et trébuchant de la manche, du chapeau. Ces spectacles demandent une grande réactivité avec le public. Certains artistes de Viva Cité tels d’Irque, Léandre, Schaul Pifer, Nino Costrini se situent dans cette mouvance.

D’autres compagnies font le choix de spectacles de "grande échelle" et se produisent au coeur de la cité avec une abondance de moyens techniques, de nombreux comédiens. Elles associent les expressions pluridisciplinaires : musique, cirque, le jeu des comédiens, la lumière, la pyrotechnie. Retenons la compagnie Jo Bithume, la compagnie Titanick, le Groupe F ou enfin Sol Pico avec Amor Diesel – une vision contemporaine de la Belle et la Bête- comme compagnies emblématiques du genre cité. Les spectacles in situ répondent le plus souvent à une logique environnementale inhérente à la dramaturgie même. Ainsi, pour les compagnies Ilotopie avec Narcisse Guette et KMK avec Roman fleuve, l’eau et la surface sont indispensables. Le spectacle Itinéraire sans fond de Kumulus s’inscrit dans une gare de chemin de fer, un terrain vague. Pour De Onderneming, la troupe flamande souhaite retrouver des décors naturels. Un port comme toile de fond par exemple, un pastis servi à l’assistance pour se mettre dans l’ambiance des récits de Marcel Pagnol. C’est aussi Babelo Boulo du Cercle de la Litote qui privilégie de jouer dans une cour d’usine ou enfin le Théâtre de l’Unité qui présente Oncle Vania de Tchekov à la campagne en jouant sur les perspectives naturelles des paysages. Bill Mitchell, metteur en scène anglais, appelle cela Landscape theatre -Théatre de Paysage. Au final, observons qu’il s’agit d’un théâtre de scène à ciel ouvert qui demande des espaces naturels pour s’épanouir.
Cela peut faire penser aux mises en scène d’Ariane Mnouchkine qui réunissent spectateurs et acteurs sur le même terrain.

Les « installations » sont des projets artistiques qui réalisent un pont entre arts plastiques et mise en valeur du patrimoine. Citons la compagnie Carabosse avec les milliers de pots à feux, ainsi que la compagnie australienne Bambuco aux bambous qui s’enfoncent dans les façades des maisons ou encore la compagnie allemande Angiie Hiesl avec les chaises punaisées en surplomb des murs des rues, proposant une assise aux personnes âgées. Rappelons les installations culinaires et de feux de la compagnie Wim Doedel que nous avons pu voir sur Viva Cité, ainsi que l’Oeil du cyclone du Groupe Zur où poésie se conjugue aux nouvelles technologies. Dans la même veine, retenons Puce Muse qui projette des images géantes sur les bâtiments publics ou souligne leur architecture.

Enfin, rappelons La vengeance des semis du Phun, métamorphose progressive de la station de métro « Hôtel de ville » de Sotteville-les-Rouen en ferme géante.

Les grandes formes sont plus élaborées tant au niveau du contenu, de la scénographie que du nombre de comédiens. Très souvent, les spectateurs sont installés sur des gradins mais toujours avec le cercle. On peut citer les Piétons avec Jardins de femmes, Semola Théâtre avec In concert, les Frères Kazamaroff, les Alama’s Givrés avec Le Pic de Hubbert, Annibal et ses éléphants avec la Bête.

Evoquons le second genre de spectacles de rue, celui des déambulations ;
Les spectacles mobiles se déclinent selon différentes formes qui vont du déplacement anodin et solitaire d’un artiste dans la ville aux déambulations de grande ampleur.

Les plus petites formes déambulatoires comme « les interventions » cherchent à prendre le badaud à témoin en tant que complice ou victime de la situation mise en place. Citons les ineffables Contres visites de Jérôme Poulain de la compagnie Joseph K, les différents spectacles de la compagnie No Tune International, les fantaisies de Princesse Peluche, interventions transformant un regard aveugle en point de vue acéré sur la condition de toutes les cibles des inégalités.

Dans la catégorie supérieure avec plus de comédiens, rappelons l’invraisemblable Cortège funèbre de la compagnie Cacahuète, qui, en panne de voiture, est obligé de traverser la ville à pied avec le cercueil de la maman, ainsi que la compagnie Opéra Pagaë avec Safari intime qui organise une improbable soirée portes et fenêtres ouvertes dans les quartiers.

Enfin, dans cette même veine revoyons les déambulations de la compagnie Délice Dada, Circuit D, Indigène, La Donation Schroeder et Noir où le spectateur est invité à suivre une enquête policière hypothétique dans une zone industrielle.

L’intervention magnifie la rue qui retrouve son rôle de réceptacle, de haut-parleur et d’organisateur pour la dénonciation, la contestation et l’émancipation.

De grandes déambulations convoquent l’histoire et la mémoire des habitants de quartier et les jouent ainsi Le sens de la visite des 26 000 couverts, ou les projettent aux murs grâce aux nouvelles technologies comme KomplexKapharnaüm.

D’autres déambulations comme les girafes de la compagnie OFF conviennent aux épopées nocturnes.
Enfin, existent des déambulations à l’échelle de la ville. On change d’envergure quand on passe aux spectacles dits « à machines ».

Le Géant, La Visite du sultan des Indes du Royal de Luxe, les délires mécaniques de Générik Vapeur avec Taxis, les bestiaires oniriques d’Oposito avec Transhumance, les Trottoirs de Jo Burg ou encore Torò.
C’est aussi les gonflables de la compagnie Les Plasticiens Volants qui ont réussi la performance de permettre une excellente vision de leur histoire à des foules excessivement denses. Citons aussi les cortèges des Rois faignants de la compagnie Transe Express qui partent des quatre coins de la ville.

Depuis maintenant plus de trois décennies les artistes de rue nous offrent une palette fourmillante de sons, de couleurs, de formes. On a l’impression que rien ne leur résiste, peu de reconnaissance artistique, peu de moyens financiers, peu regardé par les médias… qu’importe, la générosité des compagnies, leur imagination débordante, leur débrouillardise, leur talent séduisent un public toujours plus nombreux avide d’émotions, de grâce, de partage dans l’espace public. »

D’autres regards sur les arts de la rue


Partenaires

L’Atelier 231 évolue grâce au soutien de ses partenaires institutionnels avec lesquels il a passé une Convention d’objectif quadriennale.

Très lié à ses partenaires arts de la rue sur le plan national et international, l’Atelier 231 développe des partenariats de création et développement des arts de la rue tant au niveau régional avec notamment leReNAR, que national ou encore européen avec les réseaux IN-SITU et ZEPA.

Avec ses partenaires amis, l’Atelier 231 entretien des échanges réguliers et nourris avec des structures du monde du spectacle vivant ou encore co-édite des traces de la création dans le domaine des arts de la rue.


Pourquoi 231 ?

L’Atelier 231 est un espace chargé de mémoire, implanté dans une friche industrielle datant de 1878. La société Alcard-Buddicum, constructrice de locomotives depuis 1841, y installe alors ses ateliers dit de «chaudronnerie de fer» composés de trois halls de fabrication, un petit pour le rangement des outils, perceuses, raboteuses et étaux limeuses et deux plus grands pour la construction des chaudières.

Cette bâtisse de 75 mètres de long et de 9 mètres de large est élevée avec une charpente métallique, des briques et du verre.

Epargnée par les bombardements alliés de 1944, l’activité industrielle y perdurera jusque dans les années 80. En 1997, la ville de Sotteville-lès-Rouen rachète les locaux pour en faire un lieu de production, non pas de matériel ferroviaire mais de spectacles de rue, avec l’aide de l’Europe.

Pourquoi 231 ? Tout simplement pour rendre hommage à la célèbre locomotive Pacific 231, classée monument historique :

  • 2 pour le nombre d’essieux porteurs à l’avant,
  • 3 pour les essieux moteurs,
  • 1 pour l’essieu porteur à l’arrière.

La maquette géante de la Pacific 231 à l’échelle 1.5, réalisée par Jean-Paul Goude à l’occasion du bicentenaire de la révolution, a été acquise par la municipalité et a retrouvé l’ancien lieu de fabrication des chaudières, où elle est exposée.

 

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